Metamorphosis (série en cours)
 
Cliquer sur l'image pour l'agrandir. Oeuvres protégées©  - Droit d'auteur ADAGP

Les différentes séries développées au cours des 20 dernières années conservent cette identité marquée par l’influence du cinéma fantastique, du body-horror, et de l'image du monstre. 

Ces tubulures picturales se développent au sein de friches industrielles, lieux dystopiques et décors de fin du monde que l'on croirait sortir d'un film de science-fiction. 
Chaque peinture peut être un brouillon pour la suivante, comme des études grands formats sur des murs aux textures diverses. 

Elles n'ont pas véritablement de formes finales, passant d'un état embryonnaire à une masse qui ne cesse de grossir au fur et à mesure de sa réalisation.  Comme des créatures hybrides en perpétuelle transformation,  elles peuvent évoluer sur le support lorsque je reviens parfois quelques jours, voir quelques mois plus tard. En retravaillant la matière séchée, j'administre une nouvelle couche de peinture-peau.
Chaque peinture est un brouillon pour la suivante.

English (Copyright © ADAGP)

The different series developed over the past 20 years retain a strong identity shaped
by the influence of fantasy cinema, body horror, and the image of the monster.
Biomorphism allows me to explore the organic world without representing it directly, in a more abstract way.

These non-figurative experiments unfold within industrial wastelands — dystopian spaces and end-of-the-world settings that seem straight out of a science fiction film.
Each painting is a draft of the next, large-scale studies on walls with diverse textures.
They have no final form, shifting from an embryonic state to an ever-growing mass.
They continue to mutate on the surface, sometimes over days or months, like hybrid creatures in constant transformation.
Metamorphosis is complemented by a parallel series: Ephemera, launched in 2020 in the streets of Paris and continued as a studio project into 2025.

Les fantômes du Mausolée, novembre 2025

Au départ, il y a Lek et Sowat, qui investissent en 2010 un centre commercial abandonné à la frontière du 19ème et d'Aubervilliers, pour y peindre les murs intérieurs, des interstices du sous-sol jusqu’au dernier étage. S’ensuit l’idée d’une curation pirate, invitant leurs amis à venir fusionner leur peinture à la leur. Sur cet espace privatisé sans aucune demande d’autorisation, dans les règles de ce qu’est la peinture urbaine sauvage, il en ressort un projet de livre nommé Le Mausolée.

Quinze ans plus tard, ils récupèrent les clefs du lieu, resté figé par le temps, un peu plus balafré par les années, entre voitures calcinées et ancien abri à zombies infectés par le poison.

En octobre 2025, Lek me propose de venir visiter la zone une première fois et m’invite à y peindre, le même jour que Legz et Nassyo. Avant de m’y pointer pour 13 h, je passe dans la matinée me procurer le livre de l’artiste polonaise Alina Szapocznikow, dont je découvre le travail mutant lors de mes recherches préparatoires.

Le mur choisi est plongé dans le noir quasi total. Au sol, un liquide noirâtre m’oblige à dénicher quelques planches en bois dans l’espoir de garder mes Reeboks au sec.

Dans les ténèbres de Porte de la Villette naissent deux premiers organismes hydratés au liquide symbiotique, dont la transformation se terminera la semaine suivante — avec, dans mes écouteurs, du Big Pun pour masquer le brouhaha du périphérique et le cri des biffins qui, entre deux ventes, transforment le trottoir en barbershop, dans une odeur d’ammoniac infernale.

Inferno, 2025


20 novembre 2025. Même si l’ambiance est dystopique, ce n’est pas la déclaration du chef d’état-major, ni son discours alarmiste sur « l’acceptation de perdre ses enfants » en vue d’un conflit futur, qui donnent naissance à cette peinture. Sur invitation de deux membres des 1984, elle vient se greffer à celle de l’Apôtre (@obsolettrismes), qui a déjà amorcé trois énormes monolithes sur ce grand mur du périph dans le 93. La DA est claire : noir, blanc, gris et rouge. Ryad (@lebruitetlodeur) est de la partie pour continuer cette bande improvisée.

Direction le quartier des Malassis à Bagnolet, avec mon escabeau branlant et un pot de symbiote de chez Action, j’arrive sur place et fais face aux masses imposantes de l’Apôtre, poésie noire, austères, ténébreuses, telles des morceaux de forteresses brutalistes.
J’essaie de poursuivre dans la même veine froide, espérant insuffler la même radicalité, mais la magie n’opère pas vraiment, voire pas du tout. Les quelques vibrations de rouge posées à l’intérieur, ainsi que les protubérances ajoutées en fin de journée, n’y font pas grand-chose. Ryad à côté de moi travaille ses lignes, rajoute, modifie aussi sa compo-ossature dans l’hésitation, pendant que l’Apôtre fait évoluer ses amas en y intégrant de la vapeur blanche, quelques lignes rouges et des coulures. Une ambiance taiseuse et hivernale, où le soleil perce les nuages de ses rayons laser, en même temps que tombent des flocons en forme de billes de polystyrène.

Rarement satisfait de ma cuisine, mais là, encore moins que d’habitude, j’y retourne le lendemain pour remplir de chair ces ombres sans vie, toujours accompagné de ce piaf des décombres au surnom arabe, qui lui aussi n’a pas dit son dernier tag. Dernières mutations avant la nuit : la matière ajoute peut-être de l’épaisseur, mais laisse toujours l’ensemble sans grande vibration, comme figé. Encore une peinture-brouillon.

Cette bande sera d'ailleurs recouvertes de l'insulte "salope" quelques jours plus tard, certainement l'agacement d'un graffeur ayant un problème de maturité émotionnelle.
Sur le chemin du retour, je croise une affiche dans le couloir du métro. Le visuel me bouscule la rétine : on y voit une grande sculpture rouge. Découverte des œuvres de la polonaise Magdalena Abakanowicz sur le net, puis en vrai et en dur au musée Bourdelle, pour découvrir son incroyable série « Embryologie », faite de grandes formes noires fantomatiques… La synchronicité a encore frappé.

Toutes et tous ces boss de l'Art moderne peuvent encore dormir tranquille dans une époque où la création semble se faire avaler, puis régurgiter sous forme de bouillie inoffensive, c'est bien plus qu'un ressenti, c'est un fait.

Secretion - 3 métamorphoses, septembre 2025


Luttes intestines, septembre 2025

Invité par @arnaudkatset

Méconium, mai 2025

Crawler, mai 2025
L'IA ne se déplace pas avec un cabas remplis de pots de peintures, de brosses et de pulvérisateurs, elle ne peut pas se faufiler sous une grille, elle n'est pas sensible à la chaleur qui te brûle la nuque, à l'acidité de ses gouttes de sueurs qui te pique les yeux ni aux ronces qui te lacèrent les jambes. Elle n'a aucune douleur à l'épaule gauche pour atteindre le haut de sa pièce à bout de bras. Elle n'entend pas les sirènes des ambulances dans les rues adjacentes et ne voit pas le bleu des girophares refléter sur les structures métalliques. Elle ne ressent ni l'odeur de l’acrylique moisi ni celle de la rouille. 
Il ne reste que l'acte de création, la matière vivante.
L'image générée n'est pas vécue, elle est calculée et n'a rien d'organique. Pour le moment.
La marge est le lieu ultime de la résistance.

Septembre 2024

Mars 2023

Mai 2023

Juillet 2023

Mars 2023

2023

2023

Tempus Fugit, mars 2023
Les formes s' étendent et prolifèrent dans un ballet d'hybridations. Masses informes de carapaces et de peaux écorchées, la chair s'accrochent au béton dans une anarchie incontrôlée. Le vide accouche d'une présence  entre le figé et le mouvant. 

Tempus Fugit, novembre 2022

Suspiria, 2022


Sentinelle, 2022

Metamorphosis déclinaison - Ligne claire 2023-2024

Ephemera Série réalisé dans la rue

Prémices  (2003-2018)