She Live


En poursuivant l’exploration de friches abandonnées et autres interstices urbains entamée au début des années 2000, la série She Live prend naissance sur des murs en grand format à partir de 2014 avant de se décliner sur toile et papier.


En utilisant la ligne claire comme langage graphique, les peintures empruntent autant aux shungas — estampes érotiques japonaises du XVIIᵉ siècle qu’à l’esthétique de la bande dessinée rétro. Aplats de couleurs, contours noirs affirmés, compositions lisibles et frontales rappellent la grammaire visuelle des vieux comics et de la culture pulp. Chaque image fonctionne comme une case isolée, extraite d’un récit de science-fiction érotique. Cet héritage formel confère aux œuvres une immédiateté graphique qui dialogue avec une relecture fantastique de la toile sulfureuse de Courbet, L’Origine du Monde (1866).


Les ongles longs, à la croisée du fantastique et du réel, convoquent à la fois les monstres du cinéma et l’héritage visuel des rappeuses américaines — figures de bad bitches iconiques. Symboles de pouvoir, de féminité et d’affirmation sociale, ils deviennent un langage à part entière, oscillant entre métamorphose, menace et revendication.


En s’appuyant sur l’image de la femme-monstre transmise par les mythes, les religions ou la sorcellerie (vagina dentata), ce mélange de sexualité explicite et de monstruosité crée une tension volontairement troublante. Les corps, revendiqués dans leur anormalité plaçent le regardeur en position de voyeur face à une scène figée où la sexualité du personnage peint est pleinement assumée.

English

Continuing the exploration of abandoned wastelands and other urban interstices begun in the early 2000s, the She Live series first emerged on large-scale walls in 2014 before later being developed on canvas and paper.

Using the ligne claire as a graphic language, the paintings draw as much from shunga—Japanese erotic woodblock prints from the 17th century—as from the aesthetics of retro comic books. Flat areas of color, bold black outlines, and clear, frontal compositions recall the visual grammar of old comics and pulp culture. Each image functions like an isolated panel, extracted from an erotic science-fiction narrative. This formal heritage lends the works a striking graphic immediacy, dialoguing with a fantastical reinterpretation of Courbet’s sulfureous painting The Origin of the World (1866).

The long nails, poised between fantasy and reality, evoke both cinematic monsters and the visual legacy of American female rappers—iconic bad bitches. Symbols of power, femininity, and social assertion, they become a language in their own right, oscillating between metamorphosis, threat, and self-affirmation.

Drawing on the image of the woman-monster transmitted through myths, religions, and witchcraft (vagina dentata), this fusion of explicit sexuality and monstrosity creates a deliberately unsettling tension. Bodies, claimed in their abnormality, place the viewer in the position of a voyeur, confronted with a frozen scene in which the painted figure’s sexuality is fully assumed.